Dans les années 1920 et 1930, plusieurs pierres sculptées provenant de l’abbaye Saint-Martin de Savigny passèrent entre les mains de marchands, parmi lesquels les frères Couëlle, ainsi que de collectionneurs comme les frères Brummer. La vente de la collection Brummer, organisée en 1949, entraîna la dispersion de ces pièces, aujourd’hui conservés dans divers musées et collections privées, notamment aux États-Unis.
Une étude par analyse par activation neutronique sur 5 de ces sculptures de différents musés a révélée que les pierres venaient de la même formation calcaire et provenaient de Savigny. Par contre, il est difficile de dire quelle place elles occupaient dans l’abbaye.
Cloisters Collection au Metropolitan Museum of Art à New York
Partie d’un pilastre ou chapiteau avec un acrobate
Date : vers 1150-1170
Matériau : calcaire
Dimensions : 30.80 x 21 x 26.7 cm
Provenance : Abbaye Saint-Martin de Savigny; Jacques Couëlle d’Aix en Provence ( 1928); Galerie Brummer, Paris et New York (1928-1947); The Clisters Collection (1947 Inventaire 47.101.25 )
Davis Museum at wellesley college (Massachussets)
Partie d’un pilastre ou chapiteau avec un joueur de vielle
Date : vers 1150-1170
Matériau : calcaire
Dimensions : 30.50 x 22.9 x 28.6 cm
Provenance : Abbaye Saint-Martin de Savigny; Jacques Couëlle d’Aix en Provence ( 1928); Galerie Brummer, Paris et New York (1928-1949); The Davis museum at Wellesley collège (1949 Inventaire 1949.16 )
Dumbarton Oaks.Washington DC
Haut relief de l’Agnus Dei
Date : fin du XIIe siècle
Matériau : calcaire
Dimensions : 63.2 x 64 x 10 cm
Provenance : Abbaye Saint-Martin de Savigny;
Vendu par Demotte (marchand), Paris à Raymond Pitcairn, Philadelphie, 1928 ;Renvoyé à Demotte en 1931 et renvoyé à Paris en 1932 ;
Acheté à Kalebdjian Frères (marchands), Paris, le 22 avril 1938 ;Collection de Mildred Barnes et Robert Woods Bliss, Dumbarton Oaks, 1938-1940 ;
Bibliothèque et collection de recherche de Dumbarton Oaks, Collection byzantine, Washington, DC, novembre 1940. ( inventaire BZ.1938.35)


Fogg Art Museum of Harvard University Art Museum à Cambridge
Voussoir avec buste de femme (Sainte) ou relief d’un buste encapuchonné
Date : XIIe siècle
Matériau : calcaire
Dimensions : 30.50 x 24 x 16.80 cm
Provenance : Abbaye Saint-Martin de Savigny; Gallery Brummer New York 1928 ;Fogg Art Museum of Havard University Art 1948 ( Inventaire 1949.47.11)
Nasher museum of art at duke university
Chapiteau-colonne monolithe : scènes de la vie de Samson
Date : vers 1150-1170
Matériau : calcaire
Dimensions : 74.90 x 48.30 x 29.20 cm
Provenance : Abbaye Saint-Martin de Savigny; Jacques Couëlle ( Aix en provence); collection Brummer 1928 ;Nasher Muséum 1966 ( Inventaire 1966.187)
Les scènes représentées montrent Samson, identifié par une inscription :
- Samson écartant les mâchoires d’un lion
- Samson aveugle conduit par un jeune Philistin vers le temple de Dagon, où il sera enchaîné
- Destruction du temple par Samson
- Un homme nu tenant les sarments d’une vigne, ses parties génitales dissimulées par une feuille qui les vœux d’abstinence de Samson.
Les deux têtes de singes qui émergent de la corbeille du chapiteau symboliseraient peut-être le mal que Samson a vaincu.






Fragment de piédroit avec un arracheur d’épine
Date : vers 1100-1125
Matériau : calcaire
Dimensions : 41.30 x 69.20 x 40.60 cm
Provenance : Abbaye Saint-Martin de Savigny; Jacques Couëlle ( Aix en provence); Joseph Brummer 1928 ;Ernest Brmmer 1949 Nasher Muséum 1966 ( Inventaire 1966.203)
L’« arracheur d’épine » du Nasher se rattache non seulement aux thèmes iconographiques bourguignons, mais aussi à leurs techniques de sculpture et à leur fonction architecturale. Les proportions allongées de la figure, les plis rigides en lattes de son drapé, et l’ourlet flottant rappellent les sculptures de l’abbatiale de Cluny et de ses dépendances, Vézelay et Savigny. La forte ressemblance avec un fragment figuratif de Savigny, aujourd’hui conservé au musée Coquard, ainsi que les analyses pétrographiques récentes comparant des échantillons de pierre de Savigny et de Nasher, ont confirmé cette attribution. L’« arracheur d’épine » du Nasher constituait la partie supérieure du piédroit gauche, selon un format comparable à celui d’un piédroit sculpté de Vézelay.
Site du Nasher Museum of art at duke university
Yale University Art Gallery
Chapiteau-colonne: adoration des mages
Date : vers 1150-1160
Matériau : calcaire
Dimensions : 137.20 x 48.26
Provenance : Abbaye Saint-Martin de Savigny; collection A Coquard 1892; G.B.Scley après 1925; don de l’ambassadeur et de Mme Joseph Verner Reed 1961; prêté au Metropolitan Museum of Art ( Cloisters ) de 1979 à 2001. Inventaire 1979.75
Le chapiteau présente un décor sur ses quatre faces tandis que les angles sont occupés par des anges aux ailes déployées. La colonne est ornée d’un motif de cannelures en zigzag. La face principale présente une Vierge en majesté tenant l’Enfant. Sur chacune des autres faces sont représentés les Mages venant à sa rencontre. ( Lorène Cellard : Les sculptures de l’abbaye Saint-Martin de Savigny (Xe-XVe siècles))
Ilene H Forsyth a démontré l’appartenance du monolithe à la colonnade du cloître ( Anouk Roquet-Hoffet : Mémoire d’une abbaye disparue)





Wadsworth Atheneum Museum of Art.
Le pilier des évangéistes.
Date : fin XIIe. Début XIIIe siècles
Provenance: Abbaye Saint-Martin; collection Joseph Brummer en 1928; James Junius Goodwin : don au musée Wadsworth Atheneum-Hardford ( Connecticut)
Ce pilier présentait quatre faces sculptées. L’une d’elles, très mutilée au moment de l’entrée en possession de J.Brummer , gênait peut-être le montage en décor de jardin ou patio des faces les mieux conservées. Le pilier a été scié verticalement et forme maintenant deux éléments ayant gardé chacun une face entière. L’une des faces sciées a été arasée d’un côté et très mutilée de l’autre…..Les deux personnages des faces entières portent chacun un livre. On est tenté d’y voir deux évangélistes, deux autres évangélistes occupant les autres faces…..le personnage au visage apparemment plein malgré les mutilations…révèle un être jeune…identifiable à un St Jean. L’évangéliste soutient de la main gauche un livre clos par un fermoir…..La figure qui occupe la face principale de l’autre élément de pilier et qui est opposée à celle de St Jean est un sujet plu âgé portant barbe et collier…l’hypothèse d’une figure de St Marc…..De cette hypothèse découlerait la représentation d’un St Luc sur la face entre St Jean et St Marc….. ( Denise Cateland-Devos : Sculptures de l’abbaye Saint-Martin de Savigny hors de France 1996)
Le pilier semble être un pilier du cloitre selon la fiche correspondante de Joseph Brummer.



Princeton University Art Museum
Chapiteau de la Nativité
Date : vers 1170
Matériau : calcaire
Dimension : 33,7 cm x 22,2 cm
Provenance : collection Coquard, Jacques Couëlle 1935 (Aix en Provence) ;George Zarnecki puis acquis en 2012 par le musée Princeton lors de la succession de Rosalie Green
Le chapiteau a appartenu à la collection d’Antoine Coquard comme le prouve les photographies prises par Amédée Cateland en 1925…..La pièce disparait ensuite de l’enclos Coquard dans des conditions assez mystérieuses, « échangée contre une vache » selon les dires des contemporains….Le chapiteau réapparait à l’exposition d’art roman, organisée par la Décoration architecturale à Aix en Provence de mai à juillet 1935.Il y occupe le n°6 avec la mention « collection Jacques Couëlle ». Interrogé, M.Jacques Couëlle m’a fait savoir le 10 décembre 1966, qu’il ignorait ce que cette œuvre était devenue, en raison de la guerre de 1939-1945.Avec l’article de RosalieGreen, la nativité de Savigny ressuscite.Deux photographies y sont représentées avec la référence « collection privée aux USA….. ( Denise Cateland-Devos : Sculptures de l’abbaye Saint-Martin de Savigny hors de France 1996)
L’une des faces de ce chapiteau représente la Vierge Marie, allongée sous une arche en plein cintre surmontée de motifs architecturaux – évoquant la ville de Bethléem – entourée d’une sage-femme dont la main, bien visible, repose sur son corps. Sur une autre face, l’Enfant Jésus emmailloté est veillé par le bœuf et l’âne, tandis que Joseph, pensif, est assis à ses côtés, la tête entre les mains. Jésus est ici éclipsé par le récit principal du chapiteau, l’histoire apocryphe de la sage-femme incrédule : Salomé mit en doute la virginité de Marie, et sa main, qui l’avait sondée, se dessécha en guise de châtiment ; mais lorsqu’elle se repentit et toucha l’enfant, sa main fut miraculeusement guérie.( Notice du musée de Princeton )







