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L’abbaye au musée Gadagne de Lyon

gadagne

Histoire de Gadagne

  • L’Hôtel des Pierrevive, est un hôtel particulier construit au début du 16esiècle par les frères Pierrevive. À partir de 1538, l’édifice est loué puis acheté par la famille du célèbre marchand-banquier d’origine florentine (Italie) Thomas II de Gadagne (Guadagni).
  • Au 20esiècle, le bâtiment est acquis par étapes par la Ville de Lyon. Il est classé monument historique en 1920. 
  • Depuis 1921, le musée d’histoire de la ville de Lyon est installé à Gadagne. Auparavant, les collections étaient présentées à l’Hôtel de Ville.
  • Entre 1998 et 2008, la municipalité y réalise d’importants travaux d’agrandissement et de rénovation, ainsi que des fouilles archéologiques. 

Gadagne est aujourd’hui le plus vaste ensemble Renaissance de Lyon. Haut-lieu du patrimoine bâti lyonnais, il témoigne de l’histoire de la Ville depuis plus de 500 ans.

L’abbaye Saint-Martin au musée Gadagne

Plusieurs collections concernant des pierres sculptées de Savigny sont présentes au musée :

  1. Collection venant du musée des beaux-arts de Lyon :
  • Chapiteau colonne Christ et ses apôtres –1940
  • Chapiteau incrédulité de Saint Thomas-1943
  1. Collection Cateland- 1991 : 44 fragments sculptées réunis par Amédée Cateland
  2.  Acquisition par préemption en vente publique , en 2006,du chapiteau Chapiteau-colonne Pèlerins d’Emmaüs
  3. Collection Bonnepart-Besson-Lorain- 2019  :50 fragments sculptés de l’abbaye dont 21 fragments sculptés de plaque de Chancel réunis par les familles Bonnepart-Besson-Lorain

Nous allons vous en présenter quelques pièces remarquables :

Collection venant du musée des Beaux Arts

Chapiteau Incrédulité de Saint Thomas

Chapiteau-Colonne Christ et apôtres

Date : Première moitié du XIIe siècle.

Support : Calcaire

Dimensions : 108cm x 45 cm ( diamètre)  

Numéro inventaire : G40.499

Provenance : abbaye de Savigny , Musée des Beaux-Arts de Lyon, en 1940 est au musée Gadagne

Ce chapiteau-colonne vient s’ajouter à l’ensemble des grands monolithes que comprennent les collections de sculptures de l’abbaye de Savigny .Trois mandorles se superposent le long du fût jusqu’au sommet du chapiteau.Trois autres occupent chacune des 3 autres faces du chapiteau. Ces trois dernières sont incomplètes , interrompues en bas par l’astragal en boudins épais sur lequel repose les pieds des personnages. Cette disposition peu commune rappelle de beaucoup le monolithe de Samson dont le fut était comme ici orné de cannelures et de denticules …….Par ailleurs le style des drapés et l’ornementation des orfrois rapproche très nettement cette colonne du chapiteau de l’incrédulité de Saint Thomas… ( Anouk Roquet-Hoffet : Mémoire d’une abbaye disparue)

 Chapiteau Incrédulité de Saint Thomas

Date : seconde moitié du XIIe siècle

Support : Calcaire

Dimensions : 64 cm x 52 cm x 39 cm

Numéro inventaire : 43.310

Provenance : abbaye de Savigny , en1858 est au musée des beaux arts de Lyon ( acheté à un certain Jean Dessaint, habitant de Savigny, si l’on en croit les notes de C. Dalbanne, conservateur du musée Gadagne entre 1937 et 1955. Il ajoute que ce chapiteau « se trouvait à Sain Bel à l’angle de la route et de la rue qui monte à l’Eglise »,en 1943 il appartient au musée Gadagne  . ( Lorène Cellard : Les sculptures de l’abbaye Saint-Martin de Savigny (Xe-XVe siècles))

Ce chapiteau sculpté sur trois faces surmontait une colonne engagée

Ce grand chapiteau présente sur sa face principale la scène de l’Incrédulité de saint Thomas, inscrite dans un médaillon, dont le bord plat comporte une inscription retranscrite Denise Devos : OFFERTO TE…PALPATE VIDETE SALUTEM V(EST)RI SALVATRIX…… Sur la face droite, passablement endommagée, on aperçoit encore une portion de médaillon avec la tête nimbée du Christ. L’inscription (T)ANGERE NOLI permet de reconstituer la rencontre du Christ avec Marie-Madeleine. Sur l’autre face, le décor, s’il existait, a été arraché. ( Anouk Roquet-Hoffet :Mémoire d’une abbaye disparue)

 

Collection Cateland

Collection de 3 chapiteaux

Date : Fin XIIe – Début XIIIe siècle.

Support : Calcaire jaune à entroques

Dimensions : 25 cm x 25 cm x 21cm

Numéro inventaire : 91.8.7 -91.8.9 – 91.8.13

Provenance : abbaye de Savigny , collection Cateland, don en 1991 au musée Gadagne

« Ces chapiteaux doivent être l’œuvre d’un atelier archaïsant tardif. Leur emplacement d’origine est difficile à déterminer. Le diamètre réduit et l’abaque arasé des trois chapiteaux sont le signe d’un remploi. »

Il existe une différence dans le traitement des angles d’un chapiteau : « On peut se demander si un premier sculpteur n’a pas abandonné son travail en cours de route et qu’un second aurait terminé l’ouvrage en tentant de rester un peu dans l’esprit du premier ». ( Anouk Roquet-Hoffet :Mémoire d’une abbaye disparue)

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Chapiteau :Treillis et feuillage

Date : Seconde moitié du XIIe siècle

Support : Calcaire blanc fin

Dimensions : 64 cm x 46 cm x 35cm

Numéro inventaire : 91.8.11

Provenance : abbaye de Savigny , collection Cateland, don en 1991 au musée Gadagne

 

Ce grand chapiteau surprend d’abord par sa massivité et le manque de finesse de son décor. Pourtant on s’aperçoit que les grosses tiges et feuilles grasses recourbées en coquilles trouvent leur pendant aux angles du chapiteau de l’incrédulité de Saint Thomas .C’est aussi le fond de la corbeille grossièrement striée qui ne laisse aucun doute sur la commune main qui a travaillé à ces deux chapiteaux .Cependant ,le motif est surprenant et il est difficile d’en trouver des comparaisons dans la sculpture romane locale ( Anouk Roquet-Hoffet :Mémoire d’une abbaye disparue)

 Pierre d’angle : tête d’homme

Date : Seconde moitié du XIIe siècle

Support : Calcaire  

Dimensions : 30cm x 47 cm x 36cm

Numéro inventaire : 91.8.15

Provenance : abbaye de Savigny , collection Cateland, don en 1991 au musée Gadagne

 

Ce visage d’homme se détache en très haut relief d’un élément d’architecture d’angle .D’après Denise Cateland-Devos le personnage aurait porté une trompe dans laquelle il soufflait qui l’identifierait à une représentation originale du mois de Mars sous les traits de Marius Cornator. Le dessus des cheveux et de la barbe sont traités en petits boudins juxtaposés et bien peignés comme ceux de Salomon. Le contour des yeux est simplement incisé et la pupille percée d’un petit trou aux trépans. Mais on retrouve la tête massive du musicien et le nez droit et fort du buste encapuchonné… ( Anouk Roquet-Hoffet :Mémoire d’une abbaye disparue)

 

Pierre d’angle tête d’homme 91.8.15

Acquisition par préemption en vente publique 

Chapiteau-colonne Pèlerins d’Emmaüs

Date : XIIe siècle

Support : inconnu

Dimensions : hauteur 120 cm

Numéro inventaire : 006.15.1

Provenance : De l’abbaye Saint-Martin de Savigny : Jacques Couëlle 1935 puis acquis par préemption en vente publique. en 2006 par le musée Gadagne

Cette colonne torse en pierre calcaire, sculptée en bas-relief de pampres est surmontée d’un chapiteau représentant le Christ ressuscité debout en marche avec le nimbe crucifère et s’inscrivant dans une mandorle. Il est suivi des deux pélerins en marche, tous deux nimbés. De l’autre côté, une tour d’entrée de ville sur laquelle est inscrit « EMAUS » ( Notice Musée Gadagne )

Collection Bonnepart-Besson-Lorain

Ci dessous quelques exemples de fragments de plaque de chancel.

Le chancel (du latin cancelli, « treillis », « barrière », « balustrade »), dans l’architecture ecclésiastique, est une clôture basse en bois, en pierre ou en métal qui sépare la nef d’une église chrétienne, où sont réunis les fidèles, du chœur liturgique réservé au clergé. Dans les églises paléochrétiennes et médiévales, cette clôture se nomme « chancel », pour les périodes suivantes, elle est appelée « clôture de chœur ».

Le chancel est souvent constitué de grandes plaques pleines ou ajourées au décor principalement géométrique de chaque côté (les représentations figurées sont rares) .

 

Fragment de plaque de chancel à entrelacs

 Date : 2ème moitié du IXe ou Xe siècle

Support : Calcaire oolithique

Dimensions : 19 cm x 14 cm x 13 cm  et 16 cm x 10cm x 13cm

Numéro inventaire : 019.3.1.1 et 019.3.1.2

Provenance : abbaye de Savigny , Collection Bonnepart-Besson-Lorain (vraisemblablement trouvé dans le remblai de la chapelle Saint-Léger au début des années 1930, Musée Gadagne ( Ensemble de 21 fragments de plaques de chancel)

 

Petits fragments de plaque de chancel à motif d’entrelacs, de forme à peu près rectangulaire ; les quatre côtés sont tronqués et laissent penser que ces fragments ont pu être remployés dans un mur. Ils sont sculptés sur leurs deux faces et coïncident parfaitement.

019.3.1.1 : Face A : Deux quarts de quatrefeuilles distincts, liés chacun à un ruban. Les deux rubans s’entrecroisent à l’extérieur des quatrefeuilles.

                      Face B : Deux rubans se joignant par un nœud dont on ne voit que la moitié, vraisemblablement un motif de torsade.

019.3.1.2 : Face A : On y observe un quart de quatrefeuilles lié à un ruban ainsi que la pointe d’une feuille et d’un autre quatrefeuilles.

                      Face B : Deux rubans se croisant, l’un courbe et l’autre droit ainsi qu’un petit morceau d’un troisième ruban. Le motif pourrait correspondre à une série de cercles combinés à un treillis de rubans.

Sur les deux fragments, les rubans sont de trois fils. La taille et le motif sont d’une grande régularité et laissent une place importante aux vides en creux.

Etant donnée l’épaisseur, il s’agit plus vraisemblablement de fragments de plaques que de piliers. En outre, leurs motifs correspondent plus à des décors couvrant d’importantes surfaces, qu’à des décors en bandes, propres aux piliers. (Notice musée Gadagne basée sur le mémoire de Anouk Hoffet : inventaire des fragments sculptés de la collection Bonnepart-Besson 1996).

Fragments de plaque de chancel à entrelacs

Date : 2ème moitié du IXe ou Xe siècle

Support : Calcaire oolithique

Dimensions : 31 cm x 19.5 cm x 13 cm 

Numéro inventaire : 019.3.7 

Provenance : abbaye de Savigny , Collection Bonnepart-Besson-Lorain (vraisemblablement trouvé dans le remblai de la chapelle Saint-Léger au début des années 1930, Musée Gadagne ( Ensemble de 21 fragments de plaques de chancel)

 

Face A : Motif de tresse extrêmement lâche dont les nœuds sont parfois constitués par des angles aigus, parfois par des angles de forme arrondie. On peut constater une bordure constituée par un ruban plat d’environ 2 cm. Les brins (au moins 6) sont de 3 fils chacun

Face B : frise de palmettes dont on peut voir une palmette en son entier et un tiers d’une seconde. Un fleuron sépare les deux palmettes et rejoint le fleuron suivant au-dessus de chaque palmette. On peut imaginer à l’origine une frise de palmettes alternées. Un des deux types de palmette peut s’observer sur les portes en bronze de la chapelle du Palais de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Il a été étudié comme un des types caractéristiques de la flore sculptée carolingienne. (Notice musée Gadagne basée sur le mémoire de Anouk Hoffet : inventaire des fragments sculptés de la collection Bonnepart-Besson 1996).

Fragment de plaque de chancel à entrelacs

Date : 2ème moitié du IXe ou Xe siècle

Support : Calcaire oolithique

Dimensions : 55 cm x 13 cm x 44 cm( diamètre)

Numéro inventaire : 019.3.3

Provenance : abbaye de Savigny , Collection Bonnepart-Besson-Lorain (vraisemblablement trouvé dans le remblai de la chapelle Saint-Léger au début des années 1930, Musée Gadagne ( Ensemble de 21 fragments de plaques de chancel)

 

Un remploi est mis en évidence par la forme en « portion de disque », du fragment, ainsi que par la taille en chanfrein du revers, permettant peut-être l’encastrement dans un mur.

Le principe de base du motif représenté sur ce fragment est un treillis ou une tresse d’au moins onze brins de trois fils chacun, motif classique à l’époque carolingienne. Mais sa particularité ici réside dans le fait que les rubans entrelacés changent de sens tous les deux croisements. Le tissage est lâche, et les brins se croisent en formant des angles aigus, dessinant des losanges, peut-être signe de sculpture tardive. Le principe du motif peut être observé sur les fragments  n°019.3.6 de cette même collection. (Notice musée Gadagne basée sur le mémoire de Anouk Hoffet : inventaire des fragments sculptés de la collection Bonnepart-Besson 1996).

Remarques :

Cette présentation concerne uniquement quelques pierres sculptées de l’abbaye Saint-Martin de Savigny. Nous vous conseillons d’aller voir les collections au musée Gadagne de Lyon.

L’utilisation des photos ci-dessus est soumis à l’autorisation de l’association Savigny, Patrimoine d’Hier et de Demain