Sélectionner une page

La messe en plein air à Taylan pour le 15 août: une tradition suspendue !!!

14Août,2026

Chaque année, le 15 août, l’Église catholique célèbre l’Assomption de la Vierge Marie. Cette solennité liturgique commémore la fin de la vie terrestre de Marie, Mère de Dieu

copie 0 Vierge

À Taylan, hameau de Savigny situé à la limite de Saint-Julien-sur-Bibost et d’Ancy, cette fête a donné lieu, pendant vingt ans, à une messe en plein air qui rassemblait habitants et visiteurs.

Capture d’écran 2026 08 14 105518
Une messe au cœur du hameau

Devant le hameau, de l’autre côté de la route, les habitants du hameau, jouissent collectivement d’un terrain qui servait jadis, à chaque ferme si elle voulait, pouvait y déposer  ses gerbiers ,son tas de fumier, ses paillis, ses fagotiers, son matériel agricole et y garer ses  divers véhicules .

Au fil du temps son entretien avait été négligé jusqu’à l’arrivée d’un nouvel habitant, Guy Dumas, tombé sous le charme de ce site merveilleux qui sut mobiliser tous les habitants pour le nettoyer, le fleurir, l’aménager en espace de loisir et de convivialité.

Tout ce travail permit de mettre en valeur le bel abreuvoir en pierre de 1889 et surtout la belle croix, nettoyée et fleurie, seul monument religieux pour ce gros hameau très éloigné du village.

Après de nombreuses sollicitations de passants ou autres paroissiens pour qu’une messe ou une fête y soit organisée Guy constitua une équipe pour organiser une messe qui serait célébrée près de la croix protectrice du hameau

La première messe en plein air à Taylan a été célébrée le matin du 15 août 1999. La dernière a eu lieu le 15 août 2020 , délocalisée à l’église paroissiale pour case de covid.

En moyenne, près de 400 personnes participaient à la messe.

Une organisation collective

La semaine précédant la messe, il fallait également préparer l’installation nécessaire à la célébration. Un char agricole était mis en place et soigneusement stabilisé afin d’assurer la sécurité des célébrants. Pour faciliter l’accès, Guy Dumas avait confectionné un escalier avec une rampe.

Un parapluie forain était également installé afin de protéger le prêtre du soleil. Car, pendant de nombreuses années, le beau temps était au rendez-vous.

Les tables, les chaises et la sonorisation étaient prêtées par la mairie. Les tâches étaient réparties entre plusieurs équipes : installation du matériel, décoration florale et autres préparatifs. La préparation  liturgique, qui incluait une animation pour les enfants, les chants, la musique étaient organisés par des paroissiens et des gens du hameau.

Des prêtres et des musiciens au fil des années

Plusieurs prêtres ont célébré cette messe au fil du temps. Le Père Devaux présida la première célébration. Le Père Ragon vint également célébrer une fois, puis le Père Gil prit part à de nombreuses éditions. Il considérait les « places de Taylan » comme sa « cathédrale en pleine nature ».

La musique occupait elle aussi une place particulière. Selon les années, l’animation musicale était assurée par différentes personnes. Pierrot Berchoux venait avec son saxophone et proposait notamment des airs de jazz. Michel Cellier accompagnait les célébrations avec son orgue électrique.

 

Monsieur Subrin, chef de musique de la fanfare de Saint-Julien, venait quant à lui avec quelques musiciens donner une aubade. Plusieurs dames ont interprété de merveilleux ave maria, dont les anciens organisateurs gardent le souvenir .

La configuration même de Taylan contribuait à l’ambiance musicale : les sons se réverbéraient sur les murs des maisons, donnant au lieu une très bonne acoustique.

Une tradition presque toujours sous le soleil

Le beau temps était devenu presque une habitude pour cette messe du 15 août. Trois années firent exception : 2008, 2011 et 2014. Le mauvais temps obligea alors les participants à se réfugier dans l’église Saint-André du village.

Même le vin de messe faisait partie de l’organisation. Jean-Noël Coquard le fournissait : « une bouteille de blanc des coteaux ». Guy Dumas la mettait au frais afin qu’elle soit à la bonne température au moment de l’office.

Une année, le contexte fut également très particulier en raison d’un risque d’attentat. La messe se déroula alors sous la protection de la Gendarmerie, donnant à cette célébration une ambiance inhabituelle.

Après la messe, le verre de l’amitié

Suite à l’office, le verre de l’amitié était particulièrement apprécié, notamment après la chaleur de la matinée. Du vin rosé, jus de fruits et eaux, était proposés aux participants.

L’après-midi et pour certains une partie du lendemain, était ensuite consacrée au rangement et au retour des chaises, tables, sono au village.

Une nouvelle tradition qui s’est inscrite dans une histoire plus ancienne

La messe du 15 août n’était pas la seule tradition religieuse autrefois présente dans les hameaux de Savigny.

À Taylan, comme dans plusieurs autres hameaux, étaient organisées les rogations, durant les trois jours précédant le jeudi de l’Ascension. La messe était alors célébrée dans la remise de madame et monsieur Grataloup, spécialement décorée avec des fleurs pour l’occasion.

Pour cette fête, les agriculteurs de fabriquaient des croix en bois ou en osier. Elles étaient bénies par le prêtre pendant cette célébration, puis installées dans les différents champs afin de protéger les récoltes de l’année.

Ces pratiques plus anciennes témoignaient d’un lien ancien entre la vie religieuse, les habitants des hameaux et le travail de la terre.

Pourquoi la messe du 15 août s’est-elle arrêtée ?

Après la célébration du 15 août 2020, la messe en plein air de Taylan n’a plus été organisée.

Les anciens organisateurs expliquent cet arrêt par l’usure du temps, la lassitude d’organisateurs qui avaient vieilli au fil des années et l’absence d’une nouvelle équipe pour prendre le relais.

Pendant vingt ans, cette messe aura pourtant rassemblé les habitants et de nombreux participants dans un cadre singulier, au cœur du hameau. Elle reposait sur une organisation collective, sur l’implication des habitants et sur une attention particulière portée aux « places de Taylan ».

Aujourd’hui, le souvenir de cette tradition demeure. Et peut-être, comme le suggèrent les anciens organisateurs, pourrait-elle un jour être relancée par les habitants de Taylan, s’ils en ont l’envie et s’ils sont prêts à reprendre le flambeau.

Car au-delà de la célébration religieuse, la messe du 15 août aura aussi été un moment de rencontre, de partage et de transmission d’une tradition locale.

Merci à Guy Dumas, Jean-Noël Coquard et Isabelle Leca pour leurs témoignages et photos