Le 28 février, à l’occasion de notre prochaine exposition consacrée aux pierres sculptées de l’ancienne abbaye Saint-Martin, nous vous invitons à un véritable voyage à travers le temps… et les continents. De nombreuses œuvres issues de l’abbaye ont quitté Savigny au fil des siècles : certaines sont aujourd’hui conservées dans notre musée local, d’autres au Musée Gadagne, et même dans plusieurs musées aux États-Unis.
Parmi elles, une découverte récente, grâce à l’aide du musée Gadagne, a particulièrement retenu notre attention : le « Chapiteau de la Nativité », longtemps supposé dans une collection privée américaine, est en réalité conservé au Princeton University Art Museum.




Ce chapiteau en calcaire (33,7 cm x 22,2 cm), provenant de l’abbaye Saint-Martin de Savigny, a connu un parcours singulier : passé par les mains de Jacques Couëlle en 1935, puis par l’historien de l’art George Zarnecki, il a été acquis en 2012 par le musée de Princeton lors de la succession de Rosalie Green.
Selon le musée de Princeton, l’une des faces de ce chapiteau représente la Vierge Marie, allongée sous une arche en plein cintre surmontée de motifs architecturaux – évoquant la ville de Bethléem – entourée d’une sage-femme dont la main, bien visible, repose sur son corps. Sur une autre face, l’Enfant Jésus emmailloté est veillé par le bœuf et l’âne, tandis que Joseph, pensif, est assis à ses côtés, la tête entre les mains. Jésus est ici éclipsé par le récit principal du chapiteau, l’histoire apocryphe de la sage-femme incrédule : Salomé mit en doute la virginité de Marie, et sa main, qui l’avait sondée, se dessécha en guise de châtiment ; mais lorsqu’elle se repentit et toucha l’enfant, sa main fut miraculeusement guérie.
Cette pierre, témoin de la richesse spirituelle et artistique de notre abbaye, sera au cœur de notre exposition. Venez découvrir son histoire fascinante et celles des autres fragments dispersés du patrimoine savignois… Une enquête patrimoniale qui réserve encore bien des surprises !
Mais également, cette redécouverte nous rappelle que bien des pierres de notre abbaye ont voyagé au fil des siècles. D’autres fragments, dont nous connaissons l’existence, se trouvent sans doute encore dans des collections privées ou dans des musées. Si vous détenez des informations ou des pistes, l’association Savigny, Patrimoine d’Hier et de Demain sera heureuse de les recueillir afin de continuer à reconstituer l’histoire de notre abbaye.