Malgré un temps incertain, samedi 28 février, près de 100 personnes se sont réunies autour de Monique Laurent, maire de Savigny, et de Daniel Rat, président de l’association Savigny, Patrimoine d’Hier et de Demain, pour inaugurer le nouveau nom du musée lapidaire communal.
En juillet dernier, le conseil municipal avait voté à l’unanimité la modification de l’appellation du musée afin de mettre à l’honneur Antoine Coquard, premier conservateur des pierres sculptées de l’ancienne abbaye de Savigny. La proposition avait été portée par l’association Savigny, Patrimoine d’Hier et de Demain, et plus particulièrement par Alain Perrot, ancien président, qui a retracé ,à l’occasion de cette inauguration, le destin de cet homme passionné :
Né le 27 janvier 1856, il y a 170 ans, Antoine Coquard grandit à Savigny, où ses parents avaient acquis quelques années auparavant la propriété aujourd’hui connue sous le nom de chalet Montange. Il s’oriente vers une carrière militaire et achève sa formation à l’école militaire de Saint-Cyr en 1878. Parallèlement à ses obligations professionnelles, il consacre une grande partie de son temps libre à la recherche et à la collecte des pierres sculptées provenant de l’abbaye Saint-Martin de Savigny, notamment celles du cloître et de l’abbatiale.
Ses travaux de conservation lui valurent plusieurs lettres de félicitations du ministère de la Guerre. En 1892, il reçoit la médaille de bronze de la Société française d’archéologie. Cette médaille a d’ailleurs été confiée au musée ,lors de la cérémonie d’inauguration, par Gabriel Coquard, l’un de ses cousins au sixième degré.
De santé fragile, Antoine Coquard s’éteint le 9 septembre 1893 à Savigny. Il repose aujourd’hui dans le cimetière communal.












Une exposition photographique consacrée aux pierres sculptées dispersées hors de Savigny était également proposée. Elle a permis de mettre en lumière la richesse artistique de l’abbaye grâce à des clichés de sculptures aujourd’hui conservées dans des musées aux États-Unis ainsi qu’au musée Gadagne de Lyon. Ce travail de recherche documentaire a notamment permis de retrouver la trace du chapiteau de la Nativité, sorti de la collection Antoine Coquard en 1928 et longtemps considéré comme appartenant à une collection privée américaine. Depuis 2012, il est conservé au Princeton University Art Museum. Cette découverte, a permis de pouvoir présenter de belles photos récentes de ce chapiteau.
La Révolution ayant entraîné la vente de bâtiments religieux comme carrières de pierres, certaines sculptures de l’abbaye se retrouvent aujourd’hui intégrées dans des maisons du bourg. Une carte du village localisant plusieurs pierres de réemploi était présentée au public. Face à l’intérêt suscité, l’association prévoit d’organiser en juin une balade patrimoniale à la découverte de ces éléments disséminés dans le bourg de Savigny.
L’association a également lancé un appel à témoins auprès des habitants possédant des pierres sculptées, afin de les recenser et d’en conserver la mémoire pour les générations futures. Elle a enfin rappelé la souscription en cours pour la sauvegarde de la tour de l’Horloge, un des derniers vestiges de l’abbaye.
L’après-midi s’est achevé par le traditionnel verre de l’amitié offert par la municipalité.