Biographie de Mr Antoine COQUARD
Antoine, Marie COQUARD est né le 27 janvier 1856 à Lyon (Mairie du 1er arrondissement)
Son père Jean-Pierre (marchand de toile) était né en 1822 et avait acquis la ferme du chalet (Montange) dans les années 1850.
Sa mère Marie, Louise, Pierrette PASSERON était née à Lyon en 1834.
A sa naissance, il avait un frère, Jean-Baptiste (dit Joannes) né deux ans plus tôt en 1854
Il obtient le diplôme de Bachelier ès sciences en 1876. Recensé à Lyon (1er arrondissement) la même année, il s’oriente vers une carrière militaire. Il est engagé le 19 octobre 1876 pour l’école militaire de Saint Cyr. Il achève cette formation avec le grade de sous-lieutenant en 1878 et est affecté au 97 -ème régiment d’infanterie.
A partir des années 1880, Antoine COQUARD consacre une partie de son temps à la recherche et à la collecte des pierres sculptées provenant de l’Abbaye Saint-Martin de Savigny, en particulier des pierres du cloitre et de l’Abbatiale
Peut-être faut-il rappeler ici qu’après la révolution et, en particulier durant la 1ère moitié du 19ème siècle, un grand nombre de sculptures de l’Abbaye se sont trouvées dispersées chez des particuliers habitant Savigny et les communes voisines. C’est dans ce cadre que vous pouvez trouver actuellement des « fragments de sculptures » en réemploi, dans les murs de plusieurs maisons situées à Savigny
En 1887, Antoine COQUARD reçoit une lettre de félicitations du ministère de la guerre pour ses travaux de recherche historique réalisés durant l’hiver 1886-1887.
Un peu plus tard, dans un document de l’armée, portant la rubrique « Notes concernant Mr COQUARD, lieutenant de 1ère classe » émanant de sa hiérarchie militaire, on relève des appréciations très élogieuses :
- Officier intelligent, travailleur et consciencieux, il est regrettable que sa santé…..
- Officier intelligent, instruit….et très zélé pour le service. Bien élevé et sympathique…..
- Officier de valeur et très méritant, mais dont la santé est malheureusement compromise assez sérieusement….
En 1890, Antoine COQUARD est promu au grade de capitaine dans le 96-ième régiment d’infanterie. Il est alors âgé de 34 ans.
Dans un autre document de la même époque, on peut lire : « constitution très délicate, santé faible et demandant des soins, ne peut actuellement faire de campagne »
A partir du 8 janvier 1891, Antoine COQUARD est « mis en non activité pour infirmités temporaires ». Il est sévèrement malade et ne pourra pas reprendre ses activités dans l’armée.
Compte tenu de ce qui précède et libre de toute charge de famille (Célibataire, sans enfant), Antoine COQUARD dispose alors de beaucoup de temps libre pour se consacrer à son loisir favori : la collecte des pierres sculptées en provenance de l’abbaye qu’il conserve chez ses parents.
En 1892, il reçoit la médaille de bronze de la société française d’archéologie
Ce sont son frère ainé Jean-Baptiste (dit Joannes) et son beau-frère Pierre, Marie, Apollinaire (dit Hippolyte) MONTANGE qui ont déclaré son décès devant Etienne LEPIN, maire, officier de l’état civil de la commune de Savigny le 10 septembre 1893
Tenant compte de l’époque de rédaction des divers documents cités ci-dessus (2ème moitié du 19ème siècle) et de l’âge de son décès ,37 ans, il est très probable qu’Antoine Coquard était atteint de tuberculose Pulmonaire, maladie infectieuse également appelée Phtisie pulmonaire pour laquelle on ne disposait alors d’aucun traitement efficace.
Antoine COQUARD n’a pas eu d’enfants.
Ses deux frères (Jean-Baptiste et Pierre) ainsi que ses deux sœurs (Marie et Jeanne) n’ayant pas donné naissance à des enfants viables, il n’existe pas de descendant à la branche familiale issue de Jean-Pierre COQUARD
Après la mort d’Hippolyte MONTANGE (en 1911) son épouse, Marie, légua la totalité de la collection de pierres sculptées réunies par Antoine COQUARD, à l’archevêché de Lyon, avant de se retirer chez les sœurs de la visitation, à Paray le Monial, où elle mourut en 1939.

Origine de la collection lapidaire du musée de Savigny
Le père d’Antoine Coquard, Jean Pierre, né en 1822, commença à rassembler les pierres sculptées provenant de l’abbaye Saint Martin. Il les déposa à la Doyennerie dans un premier temps.
Son fils aîné, Jean-Baptiste, dit Joannes, né en 1854, continue cette quête des vestiges de l’abbaye Saint-Martin, en provenance du cloître et de l’église abbatiale, essentiellement.
Antoine Coquard, né en 1856, le second fils de Jean Pierre, poursuivit activement cette collection et reçut en 1892 la médaille de bronze de la Société Française d’Archéologie (SFA).
Cette collection regroupait une soixantaine d’éléments d’architecture et de sculptures (chapiteaux, clés de voûte, colonnes et colonnettes, personnages) provenant tous de l’ancienne abbaye Saint-Martin-De-Savigny (2) qui joua un rôle prépondérant dans l’histoire de la région jusqu’au début de son déclin, au XVe siècle, pour être finalement fermée en 1779, sur décision du roi Louis XVI.
Quelques années après la révolution de 1789, presque tous les bâtiments monastiques furent détruits et les pierres sculptées malheureusement dispersées.
Dans les dernières années de sa vie (après 1880), Antoine Coquard rassemble et conserve la majorité des pierres sculptées réunies aujourd’hui dans le musée lapidaire de Savigny. La sculpture la plus remarquable du musée est un grand linteau représentant la Cène et le lavement des pieds (en grès rouge de 3.12m x 0,68m). Il est entouré de fragments de corniches et de frises, de chapiteaux (la tentation du Christ, le roi Salomon) de culots, de modillons, de clés de voûte, etc…
A la mort d’Antoine survenue en septembre 1893, sa sœur Marie hérita de cette magnifique collection qu’elle légua vers 1920, après la mort de son mari Hippolyte (en 1911) et de son frère Joannes (en 1912), à l’archevêché de Lyon, avant de se retirer chez les sœurs de la Visitation à Paray-le-Monial, où elle mourut en 1939.
Cinq pièces sortent de cette collection en 1928. Elles sont achetées par des antiquaires dont un certain Jacques Couëlle et se retrouvent dans le catalogue de collection d’une exposition d’art roman à Aix en Provence en 1935 .
De même, l’examen des archives du collectionneur américain Ernest Brummer a révélé qu’il aurait acquis en 1928 plusieurs pièces venant de Savigny qui se trouvent
actuellement dans des musées américains .
Jusque dans les années 30, on assiste à la disparition de plusieurs pièces de la collection Coquard dont certaines réapparaissent après la seconde guerre mondiale et dont les photos de 1925 prouvent qu’elles appartenaient bien à la collection Coquard.
Vers 1937, cette collection de pierres sculptées initialement stockées à « la doyennerie » fut déplacée et remisée sous un auvent dans une autre propriété de la sœur d’Antoine, également donnée à l’archevêché et située à la sortie du village, sur la route de Sain Bel.
Peu de temps après (en 1937), l’ensemble des biens provenant de la donation à l’archevêché fut vendu au département du Rhône puis à l’UNMFAR .
En 1959, la collection constituée d’une soixantaine d’éléments fut classée à l’inventaire des monuments historiques. Dans l’arrêté de 1959, l’ensemble des pierres sculptées est nommé « Petit Musée Coquard ».
L’association « La Renaissance de l’abbaye » est créée en 1967 pour sauvegarder les pierres sculptées de l’abbaye.
En 1975, Mme Aline Jubin, passionnée par l’histoire de Savigny, et de son patrimoine, obtient de la municipalité d’alors, la création d’un musée qui vit le jour, en 1982, dans la cave voûtée d’un ancien cuvier mis à la disposition de la commune par la famille CATELAND .
La gestion et l’organisation des visites de ce musée sont alors assurées par un petit groupe de bénévoles.
En janvier 2003, « Les amis du musée », section de l’association « Savignois en coteaux du Lyonnais » succédant à l’association « La Renaissance de l’abbaye » a décidé la création de l’association « Savigny, Patrimoine d’hier et de demain ». A cette époque, c’est Mme Jacqueline Debarnot qui assura la Présidence de cette nouvelle association Savignoise.
Peu de temps après, en septembre 2003, la commune de Savigny signe avec cette association une convention ayant pour objet la mise à disposition de la Tour dite « Tour de l’Horloge » et du musée lapidaire, au profit de l’association, pour l’organisation des visites des deux sites indiqués.
Après ce cheminement long et quelque peu tortueux, la collection d’Antoine Coquard est arrivée jusqu’à nous. C’est un très beau cadeau qui met la commune de Savigny en première ligne pour la conservation des pierres sculptées de l’époque médiévale en région lyonnaise.
Le 8 juillet 2025, après délibération, le conseil municipal a approuvé à l’unanimité la proposition de l’association Savigny Patrimoine d’hier et de demain : Le musée portera désormais le nom de Musée lapidaire Antoine Coquard.
