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Les archives de Savigny dévorées par les vers et les rats !

A RETENIR:

Les archives de Savigny représentent 26 m linéaires, ce qui correspond au plus important fond d’archives monastiques du Rhône ! Pourtant, elles ont subi plusieurs péripéties : des incendies, des déménagements et des conditionnements peu précautionneux.

Durant le Moyen-Age, les archives de Savigny sont très bien conservées. Elles se situaient dans la salle du Trésor, au-dessus de la chapelle Saint-Léger. Cependant, ces conditions de conservation n’ont pas pu empêcher l’impact des multiples incendies. L’incendie du monastère au Xième siècle entraîne la disparition totale d’archives antérieures à ce siècle. Puis, les archives sont de nouveau atteintes par un incendie en 1562. Néanmoins, les documents disparus n’ont pas pu être identifiés et l’incendie pourrait être un argument en faveur de religieux n’ayant pas d’autre justificatif pour prouver leur droit de propriété. Durant le XVIIIème siècle, un autre document nommé “Liber cartarum” a été perdu lorsque Jean de Fuligny Damas (1711-1761) était l’abbé du monastère. Nous pouvons alors nous demander si ces disparitions étaient réellement accidentelles.

 

Après la suppression du monastère, les archives de Savigny ont été saisies en 1791 par les commissaires du district de la Campagne de Lyon afin de respecter la loi de nationalisation des biens du clergé. Elles font alors partie du domaine public. Les archives sont ensuite placées dans les archives départementales du Rhône dès leurs créations au XIXème siècle. Jusqu’à la première partie du XIXème siècle, les conditions de conservation sont précaires. Les archives subissent beaucoup de déménagements et elles sont transportées “sans ordre et sans soin” (AD Rhône, 3 T 17, rapport 1872, fol. 4). Les lieux où elles sont entreposées ne sont pas adaptés, elles sont “dévorées par la putréfaction, la poussière, les rats, les teignes et les vers” (AD Rhône, 3 T 17, rapport annuel an XII, cité in POUGET, 1990, p. 248).

 

Leurs traitements ne sont pas soigneux ; sans aucune réglementation, les archives sont laissées au libre conditionnement des archivistes. Nicolas-François Cochard (1763-1834), un conseiller de préfecture faisant fonction d’archiviste, emmenait chez lui des documents et il oubliait de les réintégrer aux archives. L’archiviste Claude-Charles Chelle (1834-1848), faisait également preuve de négligence dans leurs traitements en les qualifiant de “pièces n’ayant qu’une valeur transitoire” (AD Rhône, 3 T 17, rapport 1838, fol. 1). Puis, contrairement à son prédécesseur, Jean-Prosper Gauthier* (1848-1877) réalise des rapports détaillés et précis de ses activités ; il travaille essentiellement sur les fonds de l’Ile-Barbe. C’est seulement en 1970 que les archives de Savigny ont été classées par René Lacour (1906-1979).

 

Manon Goux, mars 2025

Pour en savoir plus :

Olivia PUEL, (2023). Saint-Martin de Savigny : archéologie d’un monastère lyonnais. [Thèse de doctorat, Université Lumière-Lyon 2], p29-39