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La vie monacale

La vie monacale et la règle de St Benoît

L’histoire de la Règle

  • Vers 529, Benoît de Nursie (né vers 480, mort en 547) a fondé le Monastère du Mont-Cassin, en Italie.
  • A partir de 540 saint Benoît rédige la règle de la communauté, synthétisant et harmonisant les traditions monastiques antérieures.
  • En 674 transfert des reliques de Saint Benoît à Fleury-sur-Loire, affermissement de l’esprit bénédictin en Gaule.
  • En 817 la règle de Saint Benoît complétée par Benoît d’Aniane (750-821) est imposée à tous les monastères de l’empire carolingien, devenant l’instrument de son unification spirituelle.
  • En 910 fondation de Cluny, nouvel élan du monachisme.
  • XIV-XVI èmes siècles,  décadence.
  • au XVII ème siècle, renaissance sous l’impulsion, notamment, des congrégations bénédictines de Saint-Vanne et Saint-Maur.
  • au XVIII ème siècle, nouvel effondrement.
  • au XIXème siècle, nouvelle Renaissance avec les abbayes de Solesmes (1833), La Pierre-qui-Vire (1850), Subiaco (1850) et Maredsous (1872).

 

Le contenu

Le modèle de la vie des moines d’après saint Benoît est une famille, une communauté de vie : un des frères, élu par la communauté des moines, devient leur Abbé, le père (Abba) qui doit servir plus que présider. Les moines doivent maintenir une relation harmonieuse avec leurs frères dans le travail ou dans les gestes quotidiens. L’abbé possédait une autorité patriarcale absolue sur la communauté mais restait lui-même soumis à la règle, et devait consulter les autres membres de la communauté sur les questions importantes. Il dirigeait les séances du chapitre, que ce soit pour des décisions d’importance, pour la coulpe ou pour l’observance de la règle.

Les abbés étaient les supérieurs du monastère, mais étaient aussi les « seigneurs religieux » d’immenses territoires et possédaient les pouvoirs pour les gérer : droit de Justice, droit d’imposition, et devoir de protection. De par ses pouvoirs judiciaires les délinquants coupables d’homicide, de sacrilège ou de violence contre un prélat comparaissaient devant lui.

L’abbé contrôlait aussi la réception des hôtes de passage. Il devait fournir le vin à consommer du 17 décembre au 8 février, et de la Saint-Jean au 31 octobre : exception faite des trois derniers jours d’août, les trois doyens en étant chargés, le vin était pris dans les vignes que l’abbé possédait dans la région.

« Ecoute bien, mon fils, les leçons du maître, incline l’oreille de ton cœur, accueille volontiers les avis d’un tendre père et mets-les effectivement en pratique, afin de retourner, grâce au labeur de l’obéissance, à celui dont tu t’étais détourné par la lâcheté de la désobéissance »

 

 

Les principes essentiels La Règle décrit non seulement les divers offices et le travail, mais aussi les modalités des repas, de l’habillement, de l’accueil, du choix des responsables, des voyages à l’extérieur, … Tout en laissant place à l’indulgence envers les limites individuelles, elle répartit la vie monastique d’une façon rigoureuse :

  • la Liturgie des Heures, ou prière commune, qui s’exprime surtout dans l’Eucharistie et l’office divin,
  • la « lectio divina », ou lecture priante de l’Écriture Sainte ou des Pères de l’église,
  • le travail manuel.

Tout cela se vit sous la vigilance de l’Abbé, qui interprète et adapte la Règle de saint Benoît aux circonstances et selon les besoins légitimes de chacun. La Règle s’intéresse donc surtout à l’aspect spirituel de la vie monastique.

Déroulement de la journée d’un moine ORA ET LABORA : prie et travaille

La répartition du travail et de la lecture, les horaires des repas (variables selon les saisons et le temps liturgique : un seul repas le soir pendant le Carême par exemple) sont réglés par la Liturgie des Heures qui, huit fois par jour, rassemble la communauté pour prier en commun, à partir des psaumes et de la Bible.

La Liturgie des Heures

  •   5 h  : 8 ème heure de la nuit Vigiles
  •   7 h  : lever du jour Laudes
  •   9 h  : 1 ère   heure  office de Prime,
  • 11 h  : 3 ème heure  office de Tierce
  • 12 h  : 6 ème heure  office de Sexte , déjeuner
  • 14 h  : 9 ème heure  office de None
  • 17 h 30 : soir Vêpres, dîner
  • 21 h : après le repas  Complies, lecture en commun

Vigiles, Laudes et Vêpres sont les trois grands offices, plus longs que les autres.

La lectio divina : temps réservé à la lecture et à l’étude de l’Écriture et des Pères de l’Église, qui sont considérées comme une nourriture spirituelle.

Le travail manuel doit être organisé de telle sorte qu’il n’oblige pas, dans la mesure du possible, les frères à sortir de la clôture du monastère. En dehors des offices, les moines s’adonnent au travail manuel (ou supervisent les travaux effectués) et peuvent aussi faire des mises à jour ou des copies de livres liturgiques.

Les différents membres de la communauté

  • Moine : membre de la communauté, qui peut ne pas être un prêtre.
  • Abbé : désigné par les moines, c’est le « père » de l’abbaye. Du XV° siècle au XVII° la charge d’abbé devient « héréditaire » à la maison d’Albon, au XVI° siècle François I er a modifié la nomination de l’abbé, qui devient commendataire (= reçoit le tiers du bénéfice de l’abbaye) et n’est pas tenu à résidence. Il peut être laïc, la direction spirituelle est alors confiée à un prieur.
  • Grand Prieur : bras droit de l’abbé, il est surtout chargé du spirituel : régularité des religieux, fidélité aux observances, pratique de l’oraison, ferveur de la piété et esprit de la vocation.
  • Prieur claustral : religieux qui a le gouvernement du monastère, il remplace l’abbé en son absence.
  • Doyen  : il a des fonctions administratives et judiciaires pour son doyenné.
  • Grand Sacristain : commande les autres sacristains, qui ont le soin de la sacristie, préparent les objets nécessaires au culte et aux cérémonies, entretiennent et ornent l’église.
  • Cruisier : entretient un cierge jour et nuit sous la Croix placée dans le chœur de la grande église.
  • Capiscol : maître d’école et de chant qui a la charge de faire étudier les novices.

 

L’habillement traditionnel est constitué de deux tuniques et de deux coules (robe de dessus à manches très longues et capuchon, généralement non cousue sur le côté) légères pour l’été, chaudes pour l’hiver.