Les origines du monastère bénédictin Saint-Martin de Savigny sont obscures : une légende ferait remonter sa fondation au VIème siècle.

Un acte datant de 819 atteste son existence dès l’époque carolingienne.

Le premier texte qui mentionne l’existence de l’abbaye est de 819. Il s’agit de la Notitia de servicio monasteriorum : un acte de Louis le Pieux la mentionne parmi les maisons religieuses qui devaient des prières à l’empereur. On pourrait dire qu’elle est comme le premier bilan de la grande réforme monastique engagée par l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, et conduite par son conseiller Benoît d’Aniane. Celui-ci, moine et abbé lui-même, avait entrepris depuis un certain temps de rénover la vie monastique dans les abbayes qu’il avait fondées, et dans celles qui faisaient appel à lui dans le même but. Son principe était simple : il fallait suivre au plus près la règle monastique que saint Benoît de Nursie avait écrite pour son monastère du Mont-Cassin vers 530-540.

Cette obscurité est sans doute due à l’incendie de l’abbaye lors des invasions hongroise de 934 au cours duquel les premiers titres auraient été détruits.

La plus ancienne charte dans le cartulaire de l’abbaye date de 825 bien qu’elle existait à l’époque de Charlemagne.

Son développement :

Après les invasions hongroises de la première moitié du Xème siècle, la puissance spirituelle et temporelle de l’abbaye s’affermit pour atteindre son apogée au XIIème siècle. A cette époque plusieurs abbés embellissent le monastère et son église (nombreuses pièces sculptées issues de cette époque sont conservées dans le musée lapidaire de Savigny). Ces derniers installent leur autorité sur un territoire important : incluant une partie des monts de Tarare et la vallée de la Brévenne, ainsi que des possessions dans l’actuel département de la Loire, dans les diocèses de Sainte, Die, Genève et Lausanne. Placée à la charnière du Lyonnais, du Beaujolais et du Forez, l’abbaye dut faire face aux ambitions du comte de Forez, du sire de Beaujeu et de l’archevêque de Lyon.

Pour assurer sa défense, elle fit construire des forteresses à Montrottier, l’Arbresle, SainBel et Saint-Romain-de-Popey.

La position de l’Abbaye devint délicate quand le Forez passa sous la domination de l’archevêque de Lyon, Renaud de Forez de 1203 à 1217.

Après 1312, l’abbaye resta soumise à l’église de Lyon.

Au XIIéme siècle, les abbés de Savigny firent construire le château de Montbloy à Sain Bel, les forteresses de Chessy et de Saint romain de Popey et ils firent fortifier le prieuré de Tarare.

Du XIIIème au XIVémesiècle, Savigny était à la tête d’une congrégation importante qui comptait des maisons conventuelles d’hommes et de femmes, 38 prieurés et environ 165 paroisses.

Les prieurés étaient des petites dépendances, où ne résidaient qu’un tout petit nombre de religieux, soumis à l’abbé .Elle étendit aussi son influence en créant aussi des prieurés ruraux sous l’autorité d’un prieur nommé par l’abbé.

Le rôle du prieur consistait à gérer les biens des domaines et à administrer les paroisses. Il devait verser une redevance à l’Abbaye en nature ou en argent. L’abbaye de Savigny, a su aussi préserver son indépendance, en recherchant la protection de ses voisins et en édifiant des forteresses pour protéger son territoire. Les forteresses de Montrottier et de l’Arbresle qui gardait la vallée de la Brévenne protégeaient leur prieuré.

Le déclin :

Son déclin s’amorça au début du XVème siècle, lorsque le roi et l’archevêque intervinrent dans la nomination des abbés.

A la mort de François d’Albon, son neveu Antoine, nommé par François premier, le remplaça sur le siège abbatial. Il vivait plus en grand Seigneur qu’en ecclésiastique. La charge étant devenue purement honorifique, les abbés n’étaient plus tenus à résidence et se contentaient de percevoir les revenus du domaine foncier.

En 1760, Savigny ne compte plus ainsi que quinze religieux, les moines demandèrent eux-mêmes au Pape, la sécularisation de l’abbaye, en se fondant sur ce que la régularité de la vie commune était devenue impossible par suite du petit nombre des religieux de leur âge ou de leur santé fragile.

En 1779, un brevet royal, confirmé un an plus tard par une bulle pontificale, mit fin à l’existence du monastère en tant que tel. A la révolution, presque tous les bâtiments ecclésiastiques furent détruits. Les lieux de culte et bâtiments monastiques ont été pillés, puis achetés par des particuliers qui les ont alors utilisés pour installer leurs habitations contemporaines ou détruits pour vendre leurs matériaux de construction..

Seules subsistèrent quelques maisons des dignitaires de l’abbaye, la tour que l’on peut encore voir aujourd’hui sur le site de Savigny.

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